Accessoire indispensable pour le ski de randonnée, les peaux de phoque sont pourtant souvent l’élément auquel on prête le moins d’attention lorsque l’on s’équipe, alors que leur choix est finalement tout aussi important que celui de vos skis et chaussures car elles garantissent votre sécurité, dernier élément qui vous relie à la montagne. Elles sont en effet là pour assurer une bonne accroche sur la neige lorsque vous montez, en vous permettant de bien glisser tout en vous empêchant de reculer. Dans ce guide d’achat, retrouvez les différents éléments qui composent vos peaux de phoque pour pouvoir faire votre choix en fonction de votre pratique.

Comment est construite une peau ?

Même s’il existe une multitude de modèles et de marques, les peaux destinées au ski de randonnée se composent toutes de trois éléments principaux : le velours, la membrane et le système adhésif. Ces trois éléments sont tous dépendants les uns des autres, et l’équilibre qui doit exister entre eux sera déterminant pour assurer la qualité de la peau et la distinguer des autres modèles existants.

  • Le velours : Elément principal d’une peau, le velours va venir apporter l’accroche et la glisse puisqu’il sera en contact direct avec la neige. Ses caractéristiques varient en fonction de son matériau (nylon, mohair, mélange) et de sa méthode de tissage. Plus une peau glisse moins elle accrochera, il s’agit donc de trouver le bon équilibre en fonction de l’usage souhaité. Notez qu’il n’existe pas de valeur de glisse normée, car celle-ci va grandement dépendre des conditions et de la qualité de la neige, elle pourra donc grandement varier d’une fois sur l’autre.
  • La membrane : Également appelée doublure, la membrane est l’élément qui va créer une couche imperméable entre le velours et l’adhésif, pour éviter que ce dernier ne prenne l’humidité car cela le rendrait moins collant. Avec une doublure trop peu imperméable, l’adhésif pourrait même finir par se décoller de la peau et se transférer sur le ski. De plus, une bonne membrane augmentera la résistance à la déchirure de la peau.
  • Le système adhésif : L’adhésif est l’élément qui permet à la peau d’adhérer sur la semelle du ski. De manière générale, les adhésifs n’aiment ni l’eau ni le froid et auront plus de mal à adhérer dans un environnement très humide ou très froid (sous les -10°C). Un adhésif de bonne qualité doit pouvoir être collé et décollé plusieurs fois lors d’une même journée.

Peaux en mohair, synthétiques, ou mixtes ?

Les peaux de phoque doivent leur nom aux premières peaux utilisées, qui étaient fabriquées à partir de poils de phoques ou autres animaux à poils courts et durs. Rassurez-vous, aujourd’hui les peaux destinées au ski de rando sont fabriquées dans des matières bien différentes : poils en mohair, matière synthétique, ou un mélange des deux.

Les peaux en mohair

Le mohair est un filspécifique, fabriqué en poil de chèvre Angora. Les peaux en mohair sont celles qui offrent la meilleure qualité de glisse, en revanche leur accroche est moins bonne dans les neiges dures et glacées. Le mohair étant un fil gras, il est naturellement hydrophobe donc il aura tendance à moins botter.

Leur prix est plus élevé que celui des autres peaux et elles auront tendance à s’user un peu plus vite, mais elles restent malgré tout le choix préféré des compétiteurs et des randonneurs expérimentés pour leur qualité de glisse exceptionnelle et permettent aussi de reposer considérablement vos cuisses à chaque poussée. Le mohair est fortement conseillé pour les skis larges, il favorisera la glisse au vu de la large zone de friction liée à la largeur des skis, et la surface de peau utilisée compensera l’accroche.

Les peaux en synthétique

Les peaux en synthétique sont composées de poils plus denses et plus raides en nylon, qui offrent une excellente accroche et une usure très lente, mais leur qualité de glisse est moins bonne et a tendance à épuiser physiquement le randonneur car il faut pousser les skis sur la neige et l’effet de glisse n’est pas évident. Les peaux en synthétique sont donc à privilégier uniquement pour les randonneurs débutants à la recherche de sécurité dans les dévers qui seront rassurés par l’accroche procurée.

Les peaux mixtes

Comme leur nom l’indique, les peaux mixtes sont composées à la fois de mohair et de synthétique, pour apporter le bon compromis aux skieurs qui recherchent à la fois une bonne accroche en montée, une bonne qualité de glisse en descente, et une durée de vie assez longue.

Le ratio est souvent de 70% de mohair pour 30% de synthétique, mais les différents fabricants proposent chacun leur mélange plus ou moins dense selon la quantité de nylon utilisée. En effet des peaux de même gamme (synthétique, mohair, mixte) peuvent avoir de réelles différences car les fabricants jouent sur les longueurs de poils, les traitements ou les mélanges pour donner des résultats de glisse ou d’accroche adaptés à vos critères de recherche.

Attention, les peaux peuvent avoir tendance à “botter”, c’est à dire que des sabots de neige se forment sous les peaux en raison de l’humidité accumulée. Pour y remédier il suffit de les imperméabiliser régulièrement.

Adhésif avec ou sans colle ?

Une fois la matière de vos peaux choisies, il faudra vous décider sur le système d’adhésif de celles-ci. Autrefois, toutes les peaux étaient fixées grâce à de la colle, un adhésif permettant aux peaux de coller sur vos skis sans que la colle ne reste sur la semelle lors du dépeautage. Mais aujourd’hui de plus en plus de fabricants proposent des systèmes sans colle, en utilisant des matériaux comme le silicone.

Peaux de phoque avec colle

Les peaux encollées étaient jusqu’à il y a peu la seule option possible et ont donc fait leur preuve pour de nombreuses générations de skieurs. La surface de la peau en contact avec le ski est enduite de colle et vient s’apposer directement sur la spatule, offrant une très bonne adhérence.

Cependant, la colle perd en adhérence avec le temps, et il est nécessaire de ré-encoller régulièrement ses peaux pour conserver une accroche efficace, et d’en prendre particulièrement soin en les positionnant sur leur film de protection ou l’une contre l’autre une fois au sommet quand la colle utilisée le permet (attention vous ne pouvez pas le faire avec toutes les marques). Attention également à ne pas laisser les peaux collées aux skis la veille d’une sortie en imaginant prendre de l’avance, pour éviter les transferts de colle entre la peau et la semelle liés aux changements de température !

Peaux de phoque sans colle

Pour venir remédier aux inconvénients des peaux avec colle, depuis quelques années plusieurs fabricants ont commencé à développer des systèmes de peau sans colle : cette dernière est remplacée par du silicone ou de l’acrylique, et l’adhérence entre la semelle et la peau se fait grâce à la structure moléculaire du silicone, qui produit un effet “ventouse”.

Les peaux sans colle sont encore en plein développement et leur prix est plus élevé que celui des peaux avec colle, mais elles présentent de nombreux avantages : elles n’ont pas besoin d’être réencollées, se rangent plus facilement et rapidement, ne collent pas aux mains, et peuvent même être nettoyées à l’eau tiède.

Elles sont également plus facilement repositionnables en cas de difficulté pour les mettre en place, un détail pour les pratiquants réguliers mais un argument de taille pour les débutants ! Pour enlever les peaux au sommet nul besoin d’utiliser toute sa force, elles se décollement aisément.

Pour finir, quelle que soit la matière et le système d’adhésif choisi, il est important de prendre soin de ses peaux. Prenez le temps de les ranger dans un sac au sommet et de ne pas les jeter au fond du sac à dos avec les miettes pain et autres saletés (cela s’applique même si votre sac est très propre) ! Une fois la sortie terminée faites les sécher à température ambiante.

Systèmes d’attaches des peaux de ski de rando

Pour venir compléter l’adhérence des peaux avec ou sans colle, un système mécanique d’étrier placé au niveau de la spatule vient s’ajouter à toutes les peaux, parfois complété par un tendeur et/ou secondé par une seconde attache au talon du ski.

Système d’étrier : Un simple étrier vient coiffer l’avant de la spatule du ski, c’est le système le plus répandu, il est généralement en métal ou avec câble et n’apporte pas d’adhérence supplémentaire aux peaux. Il est tout à fait possible d’utiliser les peaux avec un étrier avant et sans tendeur à l’arrière.

Tendeur avant (caoutchouc ou sandow) : Ce système est similaire à celui de l’étrier métallique, mais un large tendeur en caoutchouc vient s’ajouter et permet de retirer plus facilement et rapidement la peau sans déchausser, simplement en tirant sur le tendeur. Cependant avec l’évolution des lignes de côtes plus larges, les spatules avec rocker ont tendance à se chevaucher lors de la montée et le tendeur peut se retirer de la spatule, ce système est donc de moins en moins utilisé.

En revanche, notez que les skis munis d’encoche spatule peuvent accueillir les peaux avec un simple sandow, pratique et économique. Les compétiteurs utilisent en général ce système pour gagner du temps dans leurs manipulations et pouvoir retirer leurs peaux skis aux pieds. Le système sandow est également très agréable pour enlever les peaux au sommet lorsqu’il fait froid.

Tendeur à l’arrière : Moins commun, un système d’étrier à l’arrière (type Camlock de chez Colltex) vient parfois seconder l’étrier avant. La peau est donc maintenue à chaque extrémité et son positionnement est optimal même lorsque la colle est un peu usée. L’étrier arrière ne conviendra donc pas aux compétiteurs pour qui le poids et la rapidité des manipulations sont deux éléments clé. Si vous n’utilisez pas de tendeur arrière, il est impératif de couper la fin de vos peaux à une quinzaine de centimètres du talon, pour éviter à la peau de se décoller lorsque le talon racle la neige au moment de la conversion.

Comment choisir la largeur de vos peaux ?

Pour finir, la largeur et la taille de vos peaux de phoques dépendra de celle de vos skis, et il vous faudra donc connaître la longueur et la largeur au patin (sous le pied) de celles-ci pour déterminer la longueur minimum et la largeur de vos peaux. 

L’accroche se faisant principalement au niveau du patin, choisissez une peau d’une largeur au moins égale à la largeur au patin, que vous taillerez sur mesure ou que vous ferez faire tailler par un spécialiste. Attention, si votre peau est trop étroite, elle n’aura pas de contact suffisant avec la neige, notamment pour les traversées en neige dure en dévers. A l’inverse, si elle est trop large elle risque de recouvrir la carre et d’empêcher le ski de bien accrocher. Pour ce qui est de la longueur, plus votre peau sera courte meilleure sera la glisse, en revanche l’accroche sera moins bonne, il faut donc trouver le juste compromis. Si vous n’utilisez pas de tendeur arrière, vous pouvez couper votre peau 15 cm avant le talon. Cela évitera de décoller la peau à chaque conversion où le talon frotte latéralement sur la neige.

Sur notre site internet et en boutique, vous retrouverez vos peaux de phoque vendues soit en set et déjà équipées d’étriers, soit en rouleau au mètre, que vous pourrez dans les deux cas faire découper à la bonne taille pour vos skis directement en magasin ou vous-même en suivant les instructions du fabricant. Notez que certaines marques de skis proposent des peaux adaptées sur mesure à leurs modèles mais vous n’aurez pas systématiquement le choix sur le velours utilisé et par conséquent la qualité d’accroche et de glisse.

Approach Outdoor se positionne en spécialiste des peaux pour le ski de randonnée et propose de très nombreuses références avec très peu de peaux pré-taillées, afin de ne pas vous imposer un modèle en fonction de la paire de skis choisie. A la place, nous privilégions les peaux en set ou en rouleau au mètre, laissant ainsi une réelle liberté de choix aux clients en fonction de leur type de pratique et de leur niveau. N’hésitez pas à nous demander conseil en boutique, votre sécurité dépend grandement du choix de vos peaux !